Les lauréats de la Troisième Edition
du Prix de la Photo Industrielle

PIERRE GOURMAND
COUP DE CŒUR DU JURY

« Né à Lyon en 1999, il a grandi entre Rhône et Saône. Puis, il a goûté au soleil de Provence, à Avignon où il a débuté ses études de Packaging. Intéressé dès l’enfance par le dessin et la peinture, il s’est orienté à l’adolescence vers la photographie. Il s’agit pour lui d’un mode d’expression naturel, disponible à chaque instant. Elle lui permet de créer des univers, de saisir un instant de vie, d’en faire une émotion. Il continue, sans cesse, sous le pseudo de [PAG] ses expérimentations photographiques dans différents domaines.
Il poursuit actuellement ses études de packaging ce qui n’exclut pas d’y intégrer la photographie. Il apprécie les décalages comme insuffler de l’imaginaire et de la poésie dans une photo initialement industrielle. »

HALO DE LUMIÈRE

Eclairé de fumée bleutée, le soudeur par ses gestes méthodique et pointilleux transforme et assemble les alliages. Il repart la coque éventrée du bateau. Dans l’obscurité du port dans le quartier de la confluence à Lyon, c’est la parfaite alchimie entre l’homme et la lumière.

PORTEUR DE LUMIÈRE

Attiré par le soudeur en équilibre sur son escabeau de métal, l’utilisation de la pose longue m’a permis de capter la pluie d’étincelles jaillissante. Prisonnier d’une cage de poussières brulantes, l’homme reste stoïque et maitrise parfaitement la technique du soudage à l’arc.

TRAVAIL DE NUIT

Dans la zone de carénage de l’ancien port fluvial de Lyon créée au début du 20e siècle, le soudeur travaille à réparer la péniche accidentée malgré la présence des occupants. J’ai été interpelé par le caractère insolite de cette scène mêlant, le travail dangereux de l’homme dans les entrailles d’une péniche habitée par le batelier.

ARMAND LE FLEM

« D’origine Normande, j’ai pu passer un Bac STIDD pour être actuellement en fin de mon DUT en Génie Electrique. C’est grâce à mon parcours ainsi que ma passion pour l’astronomie que j’ai la force et la détermination de vouloir continuer dans une licence professionnelle spécialisée en aéronautique et spatial pour pouvoir ensuite travailler de près ou de loin dans l’aérospatial. Avec ce concours, j’ai voulu jouer avec différents jeux de lumière autour d’objets utilisés lors de mon parcours en IUT. »

CÂBLAGE RGB D’UN AUTOMATE

Photo d’un banc d’essai pour un automate. La lumière a été créée à partir d’une boîte rouge exposée au flash d’un téléphone. Un générateur a été placé pour l’esthétisme et le choix a été pris d’écrire « 1,618 » le nombre d’or afin de faire le parallèle avec le monde de l’art.

FRAISIER DE PCB SOUS LUNE CUIVRÉE

Réserve de fraises. Les fraises sont des pointes métalliques utilisées pour concevoir un circuit électronique. Ici elles sont stockées dans une boîte rouge qui a permis de créer cette lumière à partir d’un flash. Cela crée une « Lune cuivrée » qui est le phénomène en astronomie d’une lune assez basse sur l’horizon.

L’ARMOIRE ÉLECTRIQUE D’UNE DÉCOUPE LASER

Cette photo provient d’une découpe laser. La photo a été prise depuis l’armoire électrique de cette machine. Cela a permis d’exposer plusieurs couleurs : le vert qui se retrouve dans des espaces rangés et quadrillés. Et le rouge en arrière qui semble plus encombrant et qui essaie de se répandre sur la zone de la lumière verte.

TARA SCHMITT

« Ayant toujours vécu en milieu rural, je me suis rapidement passionnée pour la photographie animalière et de paysage. Suite à un Bac Economique, je me suis tournée vers une licence d’histoire tout en ayant en tête la photographie. Après cette première année en faculté, j’ai finalement choisi une formation à l’image dans l’école du CE3P afin d’acquérir les bases techniques de cet art. Attirée par les environnements insolites, j’ai posé mon regard sur des lieux témoins d’une histoire industrielle, humaine ou bien patrimoniale… A l’occasion de ces «explorations » m’est venue l’idée de mettre en valeur l’identité passée de ces espaces grâce à une mise en scène fixée par la pose longue. »

LE SAVOIR-FAIRE EN MOUVEMENT?

Toujours par la technique de la pose longue, je cherche à montrer à travers mes images que malgré les évolutions techniques et technologiques, l’industrie française ne doit pas oublier les hommes et les femmes qui ont fait l’histoire de ce savoir-faire. L’industrie est en perpétuel mouvement et ne cesse d’évoluer.

ZOOM SUR LE SAVOIR-FAIRE FRANÇAIS

Ici, une machine à tricoter d’une autre époque. En novembre 2011, l’usine DD cessa sa production en France pour la transférer en Italie. Il est important de ne pas oublier les difficultés que rencontrait l’industrie du textile en France. En effet, depuis 2000, ce secteur a vu disparaître plus de 25 000 emplois.

QUAND LA CHAUSSETTE ÉTAIT FRANÇAISE !

Souvenir en pose longue de la production de chaussettes françaises Doré Doré à Fontaine-les-Grès. Fondée en 1819 par Jean-Baptiste Doré, cette usine est l’une des plus anciennes marques françaises de chaussettes. Gagnante de la médaille d’or à l’exposition universelle de Paris en 1867, elle comptera ensuite 1700 salariés dans les années 1960.

LÉO CROUZILLE

« Né en 2001 dans les Yvelines, je me passionne depuis mon enfance pour la construction et l’architecture. Après l’obtention d’un BAC Sciences et Technologies de l’Industrie et du Développement Durable, j’intègre l’IUT Claude Bernard, Lyon 1 en Génie Civil. En parallèle de mes études, je m’intéresse à la photographie en autodidacte. Je rejoins à Lyon un groupe de passionnés d’images qui me permettent de progresser d’abord dans la photo de rue. Très vite mon goût pour l’urbanisation oriente le choix de mes photos vers l’évolution des chantiers, des bâtiments et la photo d’architecture. »

CONSTRUIRE EN BÉTON

Ces images sont extraites d’une série de photos prises en 2021 à Saint-Quentin en Yvelines. En France le béton reste largement majoritaire pour édifier la structure d’un bâtiment. Le mouvement de rotation de la grue permet le déplacement et le positionnement des éléments de construction.

ACHEMINER LES ÉLÉMENTS

La grue sert également à acheminer les matériaux aux équipes réparties aux différents niveaux du chantier. Sur cette photo, une benne à béton survole un coffrage servant au coulage des poteaux.

LE GRUTIER : CŒUR DU CHANTIER

L’immeuble de bureau s’élève grâce au savoirfaire du grutier assurant la coordination et la succession des étapes de l’ouvrage.

PIERRIC CAM

« Agé de 19 ans, je termine un DUT Génie Mécanique et Productique à l’IUT de Tarbes. La photographie est une passion qui m’a permis de me définir. J’affectionne particulièrement la photo de portrait, pour le contact humain, le regard, l’authenticité du moment. La photographie permet de sublimer ma vision, sublimer l’instant éphémère que je perçois, cet instant de sincérité, loin de ces artifices, qui me rapprochent de mes origines, les montagnes. J’apprécie tout autant valoriser le résultat d’un savoir-faire technique, en mettant en lumière la force et l’esthétique d’un mécanisme. »

ÉCRÉMAGE

Incapable d’opérer au plus près de cet enfer brûlant, cette louche, extension d’un bras humain, permet l’écrémage du laitier entrainant une coulée onctueuse.

RÉACTION INCANDESCENTE

Le trou de coulée du four peut se boucher partiellement par du laitier (déchet produit par le métal en fusion), l’homme insère un grand tube de métal pour injecter de l’oxygène et permet au métal liquide de couler sans encombre. L’opération est délicate, la chaleur oppressante et la lumière aveuglante.

MIROIR

Les reflets incandescents traduisent la violence de la réaction de l’oxygène avec le métal. Ce miroir semble fragile face au métal en fuite.