Les lauréats de la Deuxième Edition
du Prix de la Photo Industrielle

CAMILLE MORELLE
COUP DE CŒUR DU JURY

« Je suis née à Montréal, mais c’est en Normandie que j’ai grandi. Riche d’un parcours scolaire exigeant et diversifié, j’ai tout d’abord suivi des études de médecine puis de droit. Je me suis toujours intéressée à de multiples formes d’expressions artistiques (peinture, architecture, design..). Néanmoins c’est à travers la photographie argentique noir et blanc que je pratiquais à l’École Supérieure d’Art et Médias de Caen que j’ai pu m’épanouir véritablement et intégrer l’École des Gobelins. J’ai également pris plaisir à m’engager au sein de la Société des Nageurs Sauveteurs en Mer. Il me semble important de se poser la question du regard sur les choses, de la distance par rapport aux espaces, aux autres ou à soi même, de ce que l’on exprime ou souhaiterait raconter. La photographie étant comme une empreinte du réel. »

Post opération

Photo d’une salle de coronarographie de la clinique Saint-Martin de Caen prise après l’opération d’une implantation d’une valve aortique par voie percutanée (TAVI). Cette intervention inédite mise au point en 2002 permet l’implantation d’une valve aortique biologique sans ouvrir le thorax, mais en passant par l’aine. Cette technique est réservée aux sujets âgés présentant une contre-indication chirurgicale.

Électrode

Les électrodes sont utilisées en cas d’arrêts cardiaques soudain. Elles possèdent deux fonctions, analyser l’activité électrique du cœur et transmettre un courant électrique vers le cœur lorsque qu’une défibrillation est nécessaire. Innovation révélée en 1906, elle a connu un développement révolutionnaire dans le domaine de l’innovation technologique.

Da Vinci X

Ce robot chirurgical de dernière génération, de la clinique Saint Martin de Caen, le Da Vinci X est une prouesse technologique. Il offre une vision haute définition en 3D du champ opératoire, le chirurgien commande à l’aide de manettes et de pédales les instruments chirurgicaux miniaturés de 8 mm ainsi qu’une caméra, fixés sur les 4 bras articulés du robot. Ces bras augmentent l’amplitude des gestes chirurgicaux grâce à leur rotation à 360°, tout en éliminant les tremblements. Ce robot concède aux chirurgiens encore plus de précision, une finesse de mouvements plus importante permettant ainsi de repousser les limites de la chirurgie.

LOU-ANNE OLÉRON

« Née en 1999 en banlieue Parisienne, j’ai grandi avec une passion pour l’art et plus spécialement pour le médium de la photographie. Après l’obtention de mon Bac Scientifique, j’ai intégré la section Photographie et Vidéo à l’école de l’image des Gobelins. J’ai pu grâce à ma formation expérimenter et développer ma pratique photographie et artistique. Je souhaite grâce à mon travail pouvoir raconter et partager des histoires réelles ou fantasmagoriques, qui me touchent, m’interpellent ou me font réfléchir. »

My name is Fredo

Ces photos sont extraites d’une série documentaire sur une personne à mobilité réduite. Aujourd’hui ces personnes peuvent parfaitement être autonomes, notamment grâce aux avancés techniques dans le domaine de la santé.

Cette image a pour ambition de mettre uniquement l’objet en avant. Ainsi l’individu est effacé, mais il reste tout de même présent, le fauteuil n’existe pas sans l’humain.

Cette dernière photo dévoile le protagoniste de la série, Fredo. Il est en fauteuil depuis 20 ans, mais ne se définit pas seulement par son handicap. Celui-ci fait partie de son quotidien, mais ne l’empêche pas de vivre pleinement..

PIERRE DELEGRANGE

« Né en 1998 en région parisienne, j’ai obtenu un Baccalauréat Economique et me suis vite redirigé vers des études plus artistiques. J’ai alors intégré l’école StudioCréaParis et réalisé un Bachelor en Graphisme et Photographie. C’est durant ces trois années que j’ai développé une véritable affinité pour la photographie. En travaillant en Freelance en parallèle de mes études, j’ai mis à l’épreuve mes compétences acquises dans des domaines variés. Ce que j’aime dans la photographie est un instant éphémère, une touche de hasard, le fait de ne jamais maîtriser complètement un cliché. Ce concours m’a permis de mettre en avant le métier d’artisan coutelier, en jouant avec de la texture et des matériaux bruts. »

LINER-LOCK

Ces images ont été réalisées dans le cadre d’un projet de diplôme visant à créer une identité propre à une enseigne artisanale familiale. Tous les matériaux utilisés sont recyclés, il s’agit d’anciens outils complètement détournés et reforgés pour leur donner une seconde vie.

PLATINE

Un aperçu du petit atelier situé au fond du jardin dans lequel se produit la magie de la conception artisanale. On assiste ici au recyclage d’une lame de scie dite « égoïne » qui sera utilisée pour le système de blocage du futur couteau pliant.

ÉMOUTURE

Ces couteaux, réalisés à partir d’anciens objets sont alors chargés d’histoire. Ici, l’émouture désigne la partie qui s’amincit pour former le fil de la lame, c’est elle qui donne tout son caractère au couteau.

LUCILLE JOGUET

« Originaire de Lyon, j’ai passé mon enfance à me poser des questions sur le monde qui m’entourait. Cette curiosité et mon intérêt pour les disciplines artistiques, surtout picturales, ne m’ont jamais quittée. J’ai été très heureuse de pouvoir conserver ce double profil scienceart dans mes études, à travers un DUT d’Ingénierie des Matériaux couplé à une Formation en Arts Appliqués à l’IUT de Chambéry et à l’ENAAI, en Savoie. Au cours de ces trois années, puis lors de mon stage de fin d’études en industrie, j’ai pu aiguiser mon regard et percevoir la science en tant que sujet d’art. L’art m’apparaît comme un outil incroyable pour sublimer la technique, la machine, la matière. »

Une mécanique pour écrouir à la fleur

Détail d’une machine de frappe à froid. Ces gigantesques engins, dans un rythme et une course infernale, sans fin, transforment par déplacement de matière des fils d’acier en petits éléments d’assemblage, des rivets. Dans une cadence effrénée, ils frappent jusqu’à 200 pièces à la minute entre leurs terribles mâchoires

Sur la voie pour la mise en œuvre du cœur

Une fois frappés, certains rivets sont destinés à être taraudés. Suivant les rails le temps d’un voyage s’achevant par le dessin en leur sein d’un filetage.

Amas élémentaire

À la suite de toutes les étapes, les rivets pleuvent au goutte-à-goutte dans des bacs, attendant patiemment la suite des événements, enfin prêts à assumer leur rôle : la fixation.

LAURA THOUZEAU

« Après un Bac Scientifique, je me suis orientée vers les arts en réalisant une Mise à Niveau en Arts Appliqués à l’ESMA. J’ai ensuite poursuivi mes études dans le design digital à l’École de Design Nantes Atlantique afin d’apprendre et de me perfectionner dans ce domaine aussi large qu’intéressant. C’est durant cette période que j’ai effectué une année en alternance dans l’entreprise BORLIS et c’est également à ce moment que la photographie est devenue un élément important de ma vie. À la recherche de nouvelles textures autant industrielles que naturelles, j’aime les retravailler afin de les utiliser dans des travaux étudiants ou personnels. Actuellement en Master 1 Innovation sociale et santé, j’aimerais mettre mes compétences au service des personnes qui en ont le plus besoin. »

Dans l’ombre de l’industrie

Les mains, un instrument primordial

Cette image réalisée au sein de l’entreprise BORLIS (reconnue EPV) met en exergue le travail de l’Homme dans toute sa minutie, avec une réalisation faite main, dans l’industrie du textile. Les mains sont capitales dans ce travail, elles sont un outil inné, c’est pour cela que je souhaite les mettre en avant. Dans cette photographie on perçoit la délicatesse et la finesse du travail à fournir, mais aussi sa longueur et sa difficulté.

L’invisible à travers le tangible

Cette photographie d’une imprimante 3D en plein travail a été réalisée dans le bureau d’études de l’entreprise BORLIS (reconnue EPV). La mécanique de cette imprimante 3D que l’on distingue nous plonge dans le cœur d’un atelier où l’on cherche à imaginer à quoi pourrait ressembler la pièce finale. Elle souligne également la présence invisible de l’humain derrière cet outil qui nécessite de la recherche ainsi qu’une programmation en amont.

Ensemble dans une même direction

L’image réalisée dans les ateliers de l’entreprise BORLIS met en lumière la force du travail commun entre l’Homme et la machine. Au premier abord, notre regard est attiré par le métal de la machine, et sur le travail qu’elle réalise. Les mains disparaissent alors dans l’ombre. Puis, ses mains si démonstratives apparaissent et prennent de plus en plus de place, on peut alors y discerner la dureté du travail ainsi que leur habileté.